Poèmes, Contes et légendes de Nadia ESTEBA :

 

A CAUSE DES MENACES, DU FEU



Dans mon village comme une île

De beaux sites, il y en a cent.

Dans la certitude fragile,

Je crois un jour à l’évangile,

A Saint jean et à Saint Vincent.

Nous serions nés, d’une main agile.

Il ya partout des lieux de grâce,

Les pinèdes de Saint Pancrace,

Nos bonheurs s’ancrent au Pastourel.

Ils sont bénis par le soleil!

Nous flottons dans ces espaces,

Les vignes, la mer et les étangs.



Quand sonne l’heure aux carillons

De l’horloge et de l’église,

J’écoute les notes du temps ;

Dans la foi et le reniement,

Elles se mêlent avec le vent.



Et leur musique nous appelle

Elle vole sur les capitelles

Les salins, la barbacane

Elle se déchire parfois les ailes

Adieu splendide papillon !

Je ne connais pas les arcanes,

Alors je doute pour demain.


Vous mes amis qui n’avez peur,

Sans aucun doute, sur l’humain,

Peut-être aurons- nous le bonheur

Tous réunis, en ribambelle

De voir chanter nos lendemains
Nadia

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ESTEBA N. galet poissson

HE ! BONJOUR !HELLO


En manque , tristounet
J 'étais un galet esseulé
Dans la rivière asséchée
Un enfant, m’a écouté...
Et par une main caréssé,
Vernis, colorié
Je suis devenu poisson,
Avec un air polisson;
Presse papier d'un écrivain, 
J'écoute le musicien,
Ils me parlent, disent tu es joli
et je souris...
d'autres disent : Reviens où tu étais
Où tu as fait l'hiver tu feras l'été
Et je palis....
Que manque t-il à ce tableau?
Trois fois rien... des libellules
algues danseuses au fil de l'eau
au fil de l'air, des envies
Une source, les bulles,
Un saule, le clapotis, tout est dit
autant dire le paradis...

NADIA ETEBA DE ANGELI

 

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 Moulin enchanté NADIA ESTEBA

Carte postale peinte par Nadia disponible à l'Office de Tourisme de La Palme

 

PRODIGES



La nature m’a donné ses grâces familières

Auprès d’un cabanon décoré de lierres

Les faveurs d’un couchant, à croire à tous les dieux

Et des nuits sans pareilles aux mille paires d’yeux.

Elle a écrit des notes sur de clairs arcs- en- ciel

Une musique d’or, en abeilles essentielles.

De la terre assoiffée, elle t’a offert des fleurs ;

Enfin tu sais le prix, de ces brassées de pleurs.

Elle a ouvert tes mains et posé son limon

Les parfums de garrigue et la mer en chansons.

Ici, tout est sauvage, l’acanthe l’immortelle ;

Les ronces, oliviers, la brise sempiternelle ;

Mais vit à l’unisson, en garrigue sacrée.

Chaque instant est précieux et jamais massacré,

A cause des parfums, et des vues imprenables;

Les salins rosissant, les flamants ineffables.

Bien sûr c’est de l’amour, chaque instant diffusé

Puisse le temps béni toujours nous l’infuser.

Alors faisons un vœu, autour de la beauté,

Pour le monde fragile, et pour sa liberté.

Nadia ESTEBA

 

lepastourel-recto NADIA ESTEBA
Cartes postales peintent par Nadia Esteba
en vente à l'Office du Tourisme de La Palme

 

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LE KIOSQUE GARNI DE FLEURS



Demain à l’Aube lissant les voiles bleus

Je verrai un instant de petits anges

S’envoler en nuages au dessus de la mer

Je pleurerai tout bas, pour les enfants de Nice

Partis sans dire adieu, la peur au fond des yeux.

Nous ne danserons plus, ne ferons plus de jeux

Ni musiques joyeuses, ni beaux feux d’artifices.

Fol espoir de ceux qui nous anéantissent

Par haine fantasmée, à tort ils la nourrissent

Jaloux de nos valeurs, nos joies et tous nos vœux

Pour une terre juste, où chacun est heureux.


Nadia ETEBA

 

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Oeuf


Oeuf
Ou graine secrète
Je suis la vie en attente.
J’attends  l’heure  ;  celle,
Parfaite laissant se finir l’être ;
Où il pourra enfin apparaître ;
Découvrir l’aventure miraculeuse
Voir,  entendre,  respirer, toucher
Sentir, chanter, pleurer, rire, aimer ;
Rencontrer, s’émerveiller, craindre.
Pour l’instant, il dort,  bien caché.
Là, à l’abri dans une membrane ;
L’enveloppe protectrice et douce,
Se finira le rêve, dans le silence.
Bien à l’abri en semi conscience
Foi, dans le mystère profond
Je suis le germe des choses,
De  tous   les  possibles.
La fleur, l’arbre, la tortue
La terre, l’oiseau,
Le monde.

Nadia ESTEBA


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Dans un rêve éveillé

 

Là où frise l'étang,

Le vent lancinant y chancelle.

En revenant j'ai vu émerveillée

Une folle aquarelle

La petite maison protégée par les pins

Les barques longues et frêles

Puis, sur la route, Ventoula

Et dans tous ces jardins

Parci par là, ces hauts palmiers.

Les perles duveteuses du mimosa

Tout était là, par les chemins

Inchangé comme dans un songe.

L'impassible Moulin,

Au cœur d'un récital

Dans le slam des cigales

Et le ballet des hirondelles.

Douce complainte.

Un tintement de cloche au loin, 

Virevoltait par dessus les toits

Autour de la cage ouvragée du campanile

Venait vers moi à tire d'aile ;

Tout près de la chapelle

En signe de bienvenue

Couvrait ma plainte.

Nadia ESTEBA

 

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LES MAINS D'OR


Je passe commande à l'univers
Et le lui écris en vers
Pour cette année et le futur
De rendre belle notre aventure
De me laisser créer des choses
Un jardin rempli de roses

Je souhaite à tous les gens
Même s'ils n'ont pas d'argent
Qu'ils vivent dans l'insouciance
Que dans leur vie, il fasse jour !
En ayant à la conscience
Qu'il faudrait s'aimer toujours.

Qu'ils aient chez eux de la musique
Des vêtements tout en couleurs
Dans une ambiance pacifique
Une vie toute en douceurs.

Implorons tous l'Univers,
Si tant est qu'il nous écoute
De nous mettre sur la bonne route
Sur des chemins très très subtils
Où habite la lumière.
Je veux rêver un dessein
Le croquer en joli dessin
A l'encre ou au stylo à bille
L'art à nous tous appartient
Il ne peut être raciste.
Hommes out femmes sont nés artistes
Dans tous domaines ont des mains d'or.

Nadia ESTEBA

 

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« LA GARDIENNE DES FLEURS »

 

À La Palme à la Saint Jean, le 24 juin de chaque année se préparait de loin la fête la plus célèbre, avec les feux et les gerbes de blé dans d'autres régions. Comme dans tous les villages à la tombée de la nuit nous faisions un grand feu. Le nôtre celui du quartier du Portanel et de la Grand'Rue se faisait tout en haut de la côte des Poutous. C'était un feu immense que les hommes et les jeunes préparaient depuis des jours en collectant souches et sarments. Les étincelles rejoignaient les étoiles dans une atmosphère douce, celle du début de l'été... les vacances proches, la liesse et la joie inondée de cette lumière jaillissante du soleil royal.

Le 24 Juin, jour de la Saint Jean (Jean-Baptiste, cousin de Jésus) les jeunes filles au teint frais et les dames âgées, les tantes et marraines, les amies, elles, partaient tôt dans la garrigue cueillir les plantes et fleurs sacrées... les fleurs de l'aube. Avec délicatesse en ce jour où toutes essences et parfums étaient concentrés, elles cueillaient des bouquets en faisaient des guirlandes tressées pour orner leurs cheveux en hommage à la nature et à la beauté, des couronnes pour orner les portails des maisons vigneronnes, pour protéger les animaux. Avec des gestes mesurés elles faisaient sécher leur récolte pour les tisanes d'hiver, pour calmer les maux, recettes séculaires dites d'oreille à oreille, secrets de fées... Elles ne prélevaient que le nécessaire avec respect. Il faut dire que rien n'était abîmé, dans la campagne elles faisaient attention à ne pas froisser la « gardienne des fleurs », celle qui veille jalousement sur la terre ancestrale, belle, très belle, mais exigeante. Son regard de ciel condamnait la violence et l'arrachage vulgaire, par respect de la vie et ces merveilles offertes... grâces inestimables.

Aujourd'hui la fête de la musique est le 21 juin, une foire avait lieu à La Palme à cette période et la population pourrait nous en confirmer la date et relancer cette jolie fête de juin...

 

 

Nadia ESTEBA