Poèmes, Contes et légendes de Nadia ESTEBA :

 

 

lepastourel-recto NADIA ESTEBA

Cartes postales peintent par Nadia Esteba
en vente à l'Office du Tourisme de La Palme

 

 Oasis Atlantide redim

IL ETAIT UNE FOIS » 
Il était une fois, un village dans un nid de verdure dont on ne voyait rien du grand chemin de transhumance qui mène vers les Pyrénées orientales, Fitou, Perpignan. Pas éclairé non plus la nuit il était blotti dans un nid de toutes sortes d’arbres, d’une terre foisonnante de buissons très odorants, comme caché. Non pas honteux, mais fier au contraire, de son passé. Ce hameau qui s’appelait LA PALME dans l’Aude, possède, ce quelque chose qui tient à la beauté. Mais pourquoi ce nom ? Mais parce que les palmiers ornaient des jardins; c’était une particularité d’en voir de très hauts ramenés peut-être par quelques chevaliers revenus des croisades. Et cette touche exotique rajoutait à la particularité de ce village au charme magique. Mais on racontait en chuchotant que certains habitants seraient les descendants de l’Atlantide avec des particularités d’hybridation comme une nageoire caudale, sirènes, ou chimères, delphinidés, et pour un conteur ou un peintre, dessiner ces animaux ou ces mi-hommes mi-poissons, oiseaux nous ramenant aux grecs, ou à l’époque de Sumer, était une chance, exacerbant l’imagination pour créer, inventer, rêver. Alors écoutez, c’est une révélation. Les palmistes seraient d’anciens descendants de cette cité perdue dont les habitants aux mains palmées, savaient nager dès la naissance. Après la disparition de ce royaume, ils auraient migré, pèlerins essaimant à travers l’Europe, tous départements de France, en Espagne, à La Palma l'une des îles espagnoles des Canaries, au large de la côte nord-ouest de l'Afrique et ici, dans l’Aude où je suis née. Eux, avaient la connaissance infuse, l’initiation de leurs lointains ancêtres qui avaient trouvé refuge en ces lieux propices à leur épanouissement surtout au bord de la mer, la méditerranée omniprésente d’un bleu magnifique, comme les pierres, cailloux de cet endroit, au bord de l’eau adorée, élément maternel fondamental pour l’âme et le corps. Pour attester de cela ils auraient apposé leurs mains sur des parois des pierres, « capitelles », (abris de carriers ou bergers), grottes et voilà comment une famille s’était installée auprès d’une source dans ce village exceptionnel de LA PALME qui en est merveilleusement pourvu. Oasis où l’eau pure coule en ruisseaux qui chantent, abreuvent ce village où les bassins sont bordés de roseaux, où la garrigue embaume. Quelques familles de pêcheurs, s’y installèrent. Ils se comprenaient par un langage commun. Alma et son mari Courte-Oreille, eurent un fils, Sorelh, l’enfant blond aux yeux bleus, un bleu profond, changeant comme la mer au gré du temps du gris au vert impermanent, aux mains palmées évidemment, qui serait devenu ici un musicien réputé siffleur et flutiste, à ce que l’on raconte ; on l’appelait l’homme oiseau. Il sut séduire une jeune bergère, l’Odilette, venue d’une autre tribu. Elle accepta sa différence, lui aussi ; ils chantaient et jouaient ensemble ; leur musique de paix emplissait tous les cœurs. Le métissage réjouissait le monde et à leur image partout dans le monde il y eut des enfants de toutes les couleurs.

Nadia ESTEBA DE ANGELI 17/6/2018

  Au petit matin sur le ciel encore gris d’un hiver morose l'effet des cerisiers au Japon, pose sur notre cœur, une émotion juvénile, le sentiment d’un miracle. Une dentelle flotte sur nos amandiers en fleurs, nos vignes. L’éphémère floraison, annonce le Printemps. L'envol des pétales dans le vent ou le silence d'une neige qui se dépose lentement sur les chemins, auprès des ruisseaux, bassins, lavoirs, ravive l’envie de vivre. Une princesse passera sur ce tapis odorant, frôlant de sa main nue, l’espace, les Corbières, la mer, dessinant d’un doigt léger la beauté ineffable du monde. Le temps est suspendu sur les terres de l’Aude et bientôt les nuages bohêmes, dispersés par le vent laisseront place ou empêcheront encore, l’avènement du soleil en regardant comme au théâtre à travers les rideaux la foule d’impatients. Là nous entendrons tous l’appel, et la mer rugira, et la mer chantera alors, en short ou en robe de gitane nous irons écouter la chanson des vagues, auprès du Rouet ou plus loin… nus, afin d’être au plus près de la liberté et profiter de la chaleur de l’été. Les mouettes pleureuses les goélands comme si de rien n’étaient survoleront les corps fuselé des jeunes filles, à la beauté insolente, à moins que ce ne soir un drone déguisé en oiseau qui vienne fureter au dessus d’un champ de filles en fleurs ? Il m’arrive parfois toute endormie dans un espace indéfini de partir à LA PALME à la recherche des sensations vraies, émotions de la nature, et de me promener bras ouverts entre l’eau et le ciel. C’est alors que vois scintiller sous les rayons de lune les sculptures de sel, et des milliers de roses. De là j’embrasse tout, et surtout en extase les parfums inoubliés reviennent à tire d’aile ; les tamaris saumurés, rappellent ces promenades au bord d’étang, le va et vient l’été, Avenue des palmiers vers l’horloge ou l’étang, à la "Fabrique". Bras dessus bras dessous les amours estivantes chuchotent encore à mon oreille des promesses perdues, envolées dans le vent qui fait toujours frémir les oliviers de Bohême. Un silence habité fait de coassements là bas vers le lavoir les grenouilles et crapauds amoureux offraient une sérénade lointaine. Les longues barques noires se balancent sur l’étang, les « bétous » comme gondoles à Venise…. Je revois le passé, il redevient présent, et les pierres chauffées sous les rayons ardents restituent la magie des femmes, nos mères au lavoir courbées sur l’eau claire. J’entends encore la batterie, rythmant les matins où elles lavaient le linge blanc. Il y avait un pré où elles pouvaient étendre sur l’herbe les draps qui sècheraient en gardant le parfum des touffes odorantes. Pas de photographie vite faite pas de vol d’image mais la contemplation vraie, profonde d’un terroir vibrant distillant sa beauté dans nos cœurs. Nos vignes en calligraphies jalousement travaillées par les hommes, la vigne qui nourrissait familles, employait des femmes au ramassage des sarments, des enfants aux vendanges. La Palme avait des carrières de marbre et de pierre bleue, une fabrique d’essences, d'huiles essentielles qui embauchait des hommes et femmes à la cueillette du thym, de l'aspic (lavande) des bergeries. Voilà un résumé personnel et succinct de notre village d’antan aux accents occitans, dans les années cinquante où l’eau coulait fraîche et pure aux fontaines, où les enfants sans risque pouvaient jouer et courir dans la rue s’époumoner et se tenir la rate d’épuisement. Les jeux de marelle décoraient les rues fraichement goudronnées, de clunier, et autres simples amusements comme les billes suffisaient à notre bonheur avec les bandes dessinées que vendait Andreline en même temps que Confidences, Nous deux pour les Adultes, mais il ne faut pas oublier le Cinéma CALAFFEL, et le cinéma c’était un rituel un moment extraordinaire d’évasion avec avant le film les actualités (…) les Westerns, les comiques, les Charlots comme on disait, à cette époque Laurel et Hardy, mais aussi les films d’amour où tout finissait par un baiser romantique.

 

(Extrait de Souvenirs : Nadia ESTEBA DE ANGELI)

 

 

 

Poésie en hommage à Arnaud BELTRAME, par Nadia ESTEBA :


LAISSEZ-MOI CROIRE

Laissez-moi croire en l’esprit 
Celui de la charité, de l’amour
Et de la paix, sur la terre

Alors ivre du ciel et de la mer
Je verrais au soleil 
Dans les gouttes de pluie
Une émanation
Du Dieu qui nous manque tant

Je verrais aussi dans le parfum des fleurs
Dans la danse de l’abeille
L’immense honneur d’un génie
Un grand, un Sage caché dans l’univers…

Hélas puis-je être fan
De voir mourir des frères ?
A cause du mal, de l’argent
Tuer les éléphants, le lion par envie par bêtise

Les fanatiques prennent le pouvoir 
Le fusil au lieu d’une bise 
Basses calomnies, chimiques armes,

Aujourd’hui nous sommes en larmes
Face à l’envol de belles âmes
Merci Arnaud BELTRAME
Nadia ESTEBA

 

 

 

 A CAUSE DES MENACES, DU FEU



Dans mon village comme une île
De beaux sites, il y en a cent.
Dans la certitude fragile,
Je crois un jour à l’évangile,
A Saint jean et à Saint Vincent.Nous serions nés, d’une main agile.
Il y a partout des lieux de grâce,
Les pinèdes de Saint Pancrace,
Nos bonheurs s’ancrent au Pastourel.
Ils sont bénis par le soleil !
Nous flottons dans ces espaces,
Les vignes, la mer et les étangs.
Quand sonne l’heure aux carillons
De l’horloge et de l’église,
J’écoute les notes du temps ;
Dans la foi et le reniement,
Elles se mêlent avec le vent.
Et leur musique nous appelle
Elle vole sur les capitelles
Les salins, la barbacane
Elle se déchire parfois les ailes
Adieu splendide papillon !
Je ne connais pas les arcanes,
Alors je doute pour demain.
Vous mes amis qui n’avez peur,
Sans aucun doute, sur l’humain,
Peut-être aurons- nous le bonheur
Tous réunis, en ribambelle
De voir chanter nos lendemains

Nadia

 

ESTEBA N. galet poissson

HE ! BONJOUR ! HELLO


En manque , tristounet
J 'étais un galet esseulé
Dans la rivière asséchée
Un enfant, m’a écouté...
Et par une main caréssé,
Vernis, colorié
Je suis devenu poisson,
Avec un air polisson;
Presse papier d'un écrivain, 
J'écoute le musicien,
Ils me parlent, disent tu es joli
et je souris...
d'autres disent : Reviens où tu étais
Où tu as fait l'hiver tu feras l'été
Et je palis....
Que manque t-il à ce tableau?
Trois fois rien... des libellules
algues danseuses au fil de l'eau
au fil de l'air, des envies
Une source, les bulles,
Un saule, le clapotis, tout est dit
autant dire le paradis...

NADIA ETEBA DE ANGEL

  Moulin enchanté NADIA ESTEBA

Carte postale peinte par Nadia disponible à l'Office de Tourisme de La Palme

 

PRODIGES



La nature m’a donné ses grâces familières
Auprès d’un cabanon décoré de lierres
Les faveurs d’un couchant, à croire à tous les dieux
Et des nuits sans pareilles aux mille paires d’yeux.
Elle a écrit des notes sur de clairs arcs- en- ciel
Une musique d’or, en abeilles essentielles.
De la terre assoiffée, elle t’a offert des fleurs ;
Enfin tu sais le prix, de ces brassées de pleurs.
Elle a ouvert tes mains et posé son limon
Les parfums de garrigue et la mer en chansons.
Ici, tout est sauvage, l’acanthe l’immortelle ;
Les ronces, oliviers, la brise sempiternelle ;
Mais vit à l’unisson, en garrigue sacrée.
Chaque instant est précieux et jamais massacré,
A cause des parfums, et des vues imprenables;
Les salins rosissant, les flamants ineffables.
Bien sûr c’est de l’amour, chaque instant diffusé
Puisse le temps béni toujours nous l’infuser.
Alors faisons un vœu, autour de la beauté,
Pour le monde fragile, et pour sa liberté.

Nadia ESTEBA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 LE KIOSQUE GARNI DE FLEURS




Demain à l’Aube lissant les voiles bleus

Je verrai un instant de petits anges

S’envoler en nuages au dessus de la mer

Je pleurerai tout bas, pour les enfants de Nice

Partis sans dire adieu, la peur au fond des yeux.

Nous ne danserons plus, ne ferons plus de jeux

Ni musiques joyeuses, ni beaux feux d’artifices.

Fol espoir de ceux qui nous anéantissent

Par haine fantasmée, à tort ils la nourrissent 

Jaloux de nos valeurs, nos joies et tous nos vœux

Pour une terre juste, où chacun est heureux.


Nadia ETEBA

 

 Oeuf


Oeuf
Ou graine secrète
Je suis la vie en attente.
J’attends  l’heure  ;  celle,
Parfaite laissant se finir l’être ; 
Où il pourra enfin apparaître ;
Découvrir l’aventure miraculeuse
Voir,  entendre,  respirer, toucher
Sentir, chanter, pleurer, rire, aimer ;
Rencontrer, s’émerveiller, craindre.
Pour l’instant, il dort,  bien caché.
Là, à l’abri dans une membrane ;
L’enveloppe protectrice et douce,
Se finira le rêve, dans le silence.
Bien à l’abri en semi conscience
Foi, dans le mystère profond 
Je suis le germe des choses,
De  tous   les  possibles.
La fleur, l’arbre, la tortue
La terre, l’oiseau,
Le monde. 

Nadia ESTEBA

 

 

 Dans un rêve éveillé

 

Là où frise l'étang,
Le vent lancinant y chancelle.
En revenant j'ai vu émerveillée
Une folle aquarelle
La petite maison protégée par les pins
Les barques longues et frêles
Puis, sur la route, Ventoula
Et dans tous ces jardins
Parci par là, ces hauts palmiers.
Les perles duveteuses du mimosa
Tout était là, par les chemins
Inchangé comme dans un songe.
L'impassible Moulin,
Au cœur d'un récital
Dans le slam des cigales
Et le ballet des hirondelles.
Douce complainte.
Un tintement de cloche au loin, 
Virevoltait par dessus les toits
Autour de la cage ouvragée du campanile
Venait vers moi à tire d'aile ;
Tout près de la chapelle
En signe de bienvenue
Couvrait ma plainte.

Nadia ESTEBA

LES MAINS D'OR


Je passe commande à l'univers
Et le lui écris en vers
Pour cette année et le futur
De rendre belle notre aventure
De me laisser créer des choses
Un jardin rempli de roses

Je souhaite à tous les gens
Même s'ils n'ont pas d'argent
Qu'ils vivent dans l'insouciance
Que dans leur vie, il fasse jour !
En ayant à la conscience
Qu'il faudrait s'aimer toujours.

Qu'ils aient chez eux de la musique
Des vêtements tout en couleurs
Dans une ambiance pacifique
Une vie toute en douceurs.

Implorons tous l'Univers,
Si tant est qu'il nous écoute
De nous mettre sur la bonne route
Sur des chemins très très subtils
Où habite la lumière.
Je veux rêver un dessein
Le croquer en joli dessin
A l'encre ou au stylo à bille
L'art à nous tous appartient
Il ne peut être raciste.
Hommes out femmes sont nés artistes
Dans tous domaines ont des mains d'or.

Nadia ESTEBA

 

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« LA GARDIENNE DES FLEURS »

 

À La Palme à la Saint Jean, le 24 juin de chaque année se préparait de loin la fête la plus célèbre, avec les feux et les gerbes de blé dans d'autres régions. Comme dans tous les villages à la tombée de la nuit nous faisions un grand feu. Le nôtre celui du quartier du Portanel et de la Grand'Rue se faisait tout en haut de la côte des Poutous. C'était un feu immense que les hommes et les jeunes préparaient depuis des jours en collectant souches et sarments. Les étincelles rejoignaient les étoiles dans une atmosphère douce, celle du début de l'été... les vacances proches, la liesse et la joie inondée de cette lumière jaillissante du soleil royal.

Le 24 Juin, jour de la Saint Jean (Jean-Baptiste, cousin de Jésus) les jeunes filles au teint frais et les dames âgées, les tantes et marraines, les amies, elles, partaient tôt dans la garrigue cueillir les plantes et fleurs sacrées... les fleurs de l'aube. Avec délicatesse en ce jour où toutes essences et parfums étaient concentrés, elles cueillaient des bouquets en faisaient des guirlandes tressées pour orner leurs cheveux en hommage à la nature et à la beauté, des couronnes pour orner les portails des maisons vigneronnes, pour protéger les animaux. Avec des gestes mesurés elles faisaient sécher leur récolte pour les tisanes d'hiver, pour calmer les maux, recettes séculaires dites d'oreille à oreille, secrets de fées... Elles ne prélevaient que le nécessaire avec respect. Il faut dire que rien n'était abîmé, dans la campagne elles faisaient attention à ne pas froisser la « gardienne des fleurs », celle qui veille jalousement sur la terre ancestrale, belle, très belle, mais exigeante. Son regard de ciel condamnait la violence et l'arrachage vulgaire, par respect de la vie et ces merveilles offertes... grâces inestimables.

Aujourd'hui la fête de la musique est le 21 juin, une foire avait lieu à La Palme à cette période et la population pourrait nous en confirmer la date et relancer cette jolie fête de juin...

 

 

Nadia ESTEBA